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Déclaration de fin de travaux : 3 mois de contrôle, Cerfa n°13408*13 et attestations à joindre

Clémence Jouvenel-Labrousse 9 min de lecture
Déclaration fin de travaux DAACT Cerfa et attestations

La déclaration de fin de travaux sert à clôturer un chantier sur le plan administratif. Après des travaux réalisés dans le cadre d’une autorisation d’urbanisme, elle informe la mairie que le projet est achevé et déclaré conforme à ce qui a été autorisé. La démarche est rapide, mais elle compte : elle déclenche le contrôle éventuel, sécurise le dossier et facilite les démarches en cas de revente.

À quoi correspond exactement la déclaration de fin de travaux ?

Dans le langage courant, on parle de déclaration de fin de travaux ou de déclaration de fin de chantier. Le terme administratif exact est DAACT, pour déclaration attestant l’achèvement et la conformité des travaux. Elle ne sert donc pas seulement à signaler la fin du chantier. Elle engage aussi le déclarant sur la conformité des travaux avec l’autorisation obtenue.

Quiz : Maîtriser la DAACT

La DAACT concerne les travaux réalisés après un permis de construire, un permis d’aménager ou une déclaration préalable. Elle est transmise au service urbanisme de la mairie, qui peut alors vérifier le respect de l’autorisation délivrée, du PLU et des prescriptions particulières éventuelles. En pratique, cette déclaration permet de garder une trace claire entre le projet autorisé et l’état final du bien.

Ne pas confondre DAACT, DOC et déclaration fiscale

Plusieurs démarches peuvent se croiser autour d’un chantier. La confusion est fréquente entre la déclaration d’ouverture de chantier, la déclaration de fin de travaux et la déclaration adressée à l’administration fiscale.

Démarche Moment Objectif Destinataire
DOC Au début du chantier Signaler l’ouverture des travaux Mairie
DAACT À l’achèvement des travaux Attester la fin et la conformité Mairie
Déclaration fiscale Dans certains cas, sous 90 jours Mettre à jour la situation fiscale du bien Administration fiscale

La DAACT sert de repère administratif entre le chantier autorisé et le bien terminé. Tant qu’elle n’est pas déposée, le dossier reste incomplet et peut compliquer la suite, notamment si un notaire, une banque ou un acheteur demande une preuve de conformité. La cohérence du dossier repose donc sur trois éléments simples : l’autorisation initiale, la fin réelle des travaux et la déclaration correspondante.

Quand la déclaration de fin de travaux est-elle obligatoire ?

La déclaration de fin de travaux est obligatoire lorsque les travaux ont été soumis à une autorisation d’urbanisme. Cela vise notamment une construction neuve, une extension, une surélévation, un changement de façade, un aménagement soumis à permis ou certains travaux déclarés en mairie avant leur réalisation. Dès qu’un projet a été encadré par une autorisation, la fin du chantier doit être signalée.

Elle doit être déposée une fois les travaux achevés. L’achèvement signifie que l’ensemble des éléments prévus dans l’autorisation est réalisé. Si le projet est divisé en tranches, la déclaration peut porter sur une partie achevée, à condition que cette partie soit utilisable et cohérente avec l’autorisation. Il ne s’agit donc pas d’une simple date de fin de présence sur le chantier, mais d’un achèvement réel au regard du dossier autorisé.

Qui doit la déposer ?

La déclaration est en principe établie par le bénéficiaire de l’autorisation d’urbanisme, souvent le propriétaire ou le maître d’ouvrage. Si un architecte ou un maître d’œuvre accompagne le projet, il peut aider à constituer le dossier, mais la déclaration reste un acte engageant celui qui atteste l’achèvement et la conformité des travaux. Le signataire doit donc vérifier l’état final avant d’envoyer le document.

En copropriété, l’articulation entre l’autorisation d’urbanisme, les décisions d’assemblée générale et les travaux réellement exécutés demande une attention particulière. La DAACT ne remplace pas les accords privés ou collectifs. Elle répond uniquement à la question de la conformité administrative au regard de l’urbanisme.

Comment déposer la DAACT sans bloquer son dossier ?

La déclaration s’effectue avec le formulaire Cerfa n°13408*13, dédié à la déclaration attestant l’achèvement et la conformité des travaux. Il doit être rempli avec les références de l’autorisation initiale, l’identité du déclarant, l’adresse du terrain et la nature des travaux achevés. Un dossier précis réduit les risques de retour ou de demande de complément.

Le dépôt peut se faire de plusieurs manières selon l’organisation de la commune : directement en mairie, par lettre recommandée avec accusé de réception, en main propre contre décharge ou par voie dématérialisée via le guichet en ligne communal. Certaines grandes villes disposent de procédures spécifiques. À Paris, les démarches d’urbanisme passent par les services compétents de la Ville de Paris.

Les réflexes pratiques avant l’envoi

Avant de transmettre la DAACT, vérifiez que les travaux correspondent bien aux plans et prescriptions validés : emprise, hauteur, aspect extérieur, matériaux, stationnement, clôture, ouvertures ou plantations imposées. Une différence visible peut entraîner une contestation de conformité. Un contrôle rapide à ce stade évite souvent une régularisation plus longue ensuite.

  • reprendre l’arrêté d’autorisation et ses prescriptions ;
  • comparer les plans autorisés avec l’état réel des travaux ;
  • joindre les attestations exigées selon le projet ;
  • conserver une copie complète du dossier déposé ;
  • garder la preuve de dépôt ou l’accusé de réception.

Il vaut mieux ne pas attendre une vente ou une demande notariale pour régulariser la situation. Une DAACT déposée au bon moment rend le dossier plus lisible et évite de rechercher des pièces plusieurs années après le chantier. Elle simplifie aussi les échanges avec l’administration si une vérification intervient.

Quelles pièces et attestations joindre selon les travaux ?

La DAACT seule ne suffit pas toujours. Selon la nature du projet, des attestations doivent être jointes pour prouver le respect de certaines règles de construction. Ces documents peuvent être établis par des professionnels habilités : architecte, contrôleur technique, bureau d’études ou organisme compétent selon le cas. Le contenu du dossier dépend donc directement du type de chantier et des règles applicables.

Les attestations les plus fréquentes

Les exigences varient selon le bâtiment, sa destination et sa localisation. Une maison individuelle, un immeuble collectif, un ERP ou une construction située en zone réglementée ne soulèvent pas les mêmes obligations. Il faut donc regarder le projet dans son ensemble avant de déposer la déclaration.

Situation du projet Attestation possible Point vérifié
Bâtiment soumis à réglementation environnementale ou thermique Attestation RE2020, RT2012 ou réglementation thermique applicable Performance énergétique et environnementale
Bâtiment concerné par l’accessibilité Attestation d’accessibilité Respect des règles d’accès et d’usage
Logement neuf dans certains cas Attestation acoustique Respect de la réglementation acoustique
Zone d’activité sismique ou paracyclonique Attestation parasismique ou paracyclonique Prise en compte des risques naturels
Terrain exposé au retrait-gonflement des sols argileux Attestation RGA Adaptation aux contraintes du sol

Pour vérifier les risques liés à un terrain, la base Géorisques peut aider à identifier certaines expositions, notamment les zones concernées par le retrait-gonflement des argiles ou les risques naturels réglementés. Ce repérage est utile avant le dépôt, surtout lorsque le projet se situe dans un secteur sensible.

Le cas des surfaces et projets plus sensibles

Certains projets de grande ampleur ou accueillant du public appellent une vigilance renforcée. Les opérations dépassant certains seuils, par exemple autour de 1000 m², ou les bâtiments relevant de règles spécifiques peuvent nécessiter des pièces plus techniques. De même, des travaux touchant à une part importante de l’existant, comme 25 % d’un bâtiment dans certaines situations réglementées, peuvent déclencher des obligations particulières. Il faut alors vérifier les pièces demandées avant de signer la déclaration.

Lorsque le chantier comporte un doute technique, il est prudent d’interroger le service urbanisme avant le dépôt. Une pièce manquante peut retarder l’instruction ou fragiliser la déclaration, surtout si la mairie décide de contrôler la conformité sur place. Un échange préalable permet souvent d’éviter un dossier incomplet.

Délais de contrôle, conformité et risques en cas d’oubli

Après le dépôt de la déclaration de fin de travaux, la mairie dispose en principe d’un délai de 3 mois pour contester la conformité. Ce délai peut être porté à 5 mois dans certains cas, notamment lorsque le projet se situe dans un secteur protégé ou présente des enjeux particuliers. Pendant cette période, le service urbanisme peut examiner le dossier et effectuer une visite de conformité.

Si aucune contestation n’est formulée dans le délai applicable, le titulaire peut demander une attestation certifiant que la conformité des travaux n’a pas été contestée. Ce document est utile pour un dossier de vente, une banque, un notaire ou une régularisation administrative future. Il apporte une preuve claire du traitement du dossier par la mairie.

Que se passe-t-il si les travaux ne sont pas conformes ?

Si la mairie constate une non-conformité, elle peut demander une mise en conformité ou inviter le propriétaire à déposer une autorisation modificative lorsque la situation le permet. Tout dépend de l’écart constaté : une teinte de façade différente, une fenêtre déplacée ou une surface modifiée ne produisent pas les mêmes conséquences. La réponse administrative s’adapte donc à l’ampleur de l’écart.

L’absence de dépôt n’efface pas l’obligation. Elle peut compliquer la revente du bien, bloquer une demande de certificat, attirer l’attention sur une irrégularité ou créer une difficulté avec l’administration fiscale. En matière d’urbanisme, certaines infractions peuvent être poursuivies sur une durée de 6 ans, notamment au regard du Code de l’urbanisme et de l’article L480-4. Le bon réflexe consiste à régulariser dès la fin du chantier.

Ne pas oublier la déclaration fiscale

Pour certaines constructions ou modifications ayant un impact sur la valeur locative cadastrale, une déclaration auprès des impôts peut être nécessaire dans les 90 jours suivant l’achèvement. Elle concerne notamment des créations de surface, dépendances, piscines ou changements affectant la taxe foncière. Cette formalité suit sa propre logique et ne doit pas être confondue avec la DAACT.

La bonne méthode consiste à traiter la fin de chantier en deux volets : d’un côté la DAACT pour l’urbanisme, de l’autre la déclaration fiscale lorsque le projet modifie la consistance du bien. Cette double vérification évite les oublis et laisse une trace claire de la situation administrative du logement. Elle aide aussi à préparer sereinement une vente ou une demande de justificatif.

Clémence Jouvenel-Labrousse

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